Jean-Marc Rouillan

Publié le par Camarades

null Jean-Marc Rouillan avait 16 ans en 1968. Bien qu'issu d'une famille de gauche, il n'était pas très politisé. Selon lui, c'est peut-être ce qui lui a permis de s'engager dans la révolte anti-totalitaire sans à-priori. En quelques mois, un moment d'apprentissage très intense où l'action directe était un quotidien dans la volonté des comités d'occupation des usines, dans les grèves des loyers, la lutte contre l'Etat policier ... Toulouse où il vivait fut certainement l'ultime capitale des "rouges" -le nom donné aux Républicains espagnols pendant la guerre civile. Eux et leurs enfants formaient l'épine dorsale du mouvement ouvrier. En 1970, son groupe est passé aux interventions armées en Espagne, Le Mouvement Ibérique de Libération (MIL) agissait comme un réseau armé de résistance antifasciste et simultanément cherchait à développer une praxis anticapitaliste correspondant à l'époque : auto-organisation, critique radicale, anti-révisionnisme et contre toute collaboration avec les forces bourgeoises "démocratiques".


Le MIL s'auto-dissout et après une répression féroce ayant détruit toutes les structures en Catalogne, Jean-Marc s'engage dans les Groupes d'Action Révolutionnaire Internationaliste (GARI). Avec eux, il mène des actions contre les représentations du franquisme et ses suppôts capitalistes en Belgique, Hollande, Italie, France. Il y est arrêté en 1974 et amnistié par Giscard d'Estaing peu de temps après la mort de Franco (début 1977). Il sera arrêté en septembre 1980 avec Nathalie et amnistié de nouveau en 1981.

Août 1982, suite à l'intervention israélienne au Liban, Action Directe revendique le mitraillage du véhicule du chef de la sécurité de l'ambassade d'Israël et des actions contre des sociétés israéliennes. Après un attentat massacre contre un restaurant juif (Goldenberg), rue des Rosiers à Paris, le pouvoir orchestre sa propagande contre-révolutionnaire à travers les médias. Dans un interview au journal Libération, Jean-Marc exprime la justesse du mitraillage contre le chef de la sécurité et condamne les attentats massacres. Le conseil des ministres ordonne alors la dissolution d'Action Directe. Visant à isoler les militants de l'organisation, des perquisitions ont lieu dans le milieu des squats et chez les révolutionnaires connus. Jean-Marc devient clandestin.


Jean-Marc Rouillan a eu sa semi-liberté révoquée le 16 octobre 2009 pour quelques lignes d'un interview. Le 27 octobre 2009 il a été transféré à la prison de Muret. Une demande de semi-liberté a été déposée mi-novembre 2009.

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