Joëlle Aubron

Publié le par Camarades

nullNée en 1959 et regardant mon histoire politique, je mets comme l'un des éléments fondateurs le fait d'avoir vécu enfant chaque pied dans un contexte social différent -d'un côté la bourgeoisie française traditionnelle, de l'autre les écoles et autres rencontres d'un quartier populaire de Paris. Ce décalage rendait visible l'inégalité sociale. Ce n'était pas bien sûr une démarche politique, juste le sentiment d'être née, par hasard, du bon côté du manche. Ainsi une réforme de l'enseignement qui pénalisait les plus pauvres par une sélection précoce a été ma première occasion de manifester mon rejet des inégalités.

Après, il y a tout un parcours à travers d'autres mobilisations, des conditions de vie précaires puisqu'à 18 ans j'étais partie de chez mes parents, des rencontres -"avec" la répression aussi ! Ainsi autant de moments pour devenir pleinement consciente de la nature réelle de ce système "démocratique", de l'exploitation qu'il génère, de la domination qu'exerce le centre impérialiste sur la périphérie, Utiliser la lutte armée me semblait tout à fait nécessaire pour qu'avance un processus révolutionnaire. Je ne me suis pourtant pas tout de suite intégrée à une organisation politico-militaire. Quand en 1982, j'ai été arrêtée avec un camarade de l'organisation, sortant d'un boxe où les flics disaient avoir trouvé des armes, je ne me suis pas présentée comme une militante d'Action Directe, Et c'est en prison, que la nécessité de la stratégie que seule permet un tel outil organisationnel est pleinement devenue mon évidence. Quand je suis sortie (1984), j'ai milité un an de manière légale : soutien aux prisonniers de l'organisation, librairie militante, journal. Au bout de cette période et à cause de la répression s'aggravant, le seul choix me semblant conséquent avec ma réflexion était l'illégalité.



Joëlle Aubron est sortie de prison le 16 juin 2004 aprés une campagne pour obtenir sa suspension de peine pour raisons médicales. Elle est décédée le 1er mars 2006 après avoir mené un combat pour la libération de ses camarades et contre la maladie.

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